Association Laure Charpentier
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"ALCOOLISME FOETAL au QUEBEC"
Conférence de la S.A.F.E.R.A  Québec




 

 

  «Le fameux S.A.F , ou Syndrome d’Alcoolisme Fœtale, touche 10 enfants sur 1 000 dans les pays industrialisés, et ce, à divers degrés. Ce syndrome est connu comme étant la première cause chimique de retard intellectuel, et les risques associés à la consommation d'alcool pendant la grossesse sont craints depuis l'Antiquité, mais les conséquences de l'alcoolisation fœtale n'ont été identifiés comme entité clinique qu'en 1968 par le pédiatre français Paul Lemoyne. Depuis, la recherche s'est développée en Amérique et en Europe et des interventions cliniques ont été adaptées aux diverses clientèles concernées. L'alcoolisation fœtale et ses impacts constituent un problème de santé publique majeur pratiquement partout dans la communauté internationale, fléau que l'on pourrait prévenir sinon du moins alléger.

   Au Québec, environ 14 % des femmes enceintes consomment de l'alcool au moins une fois par semaine, et une sur 20 prendrait trois consommations alcoolisées ou plus par semaine. Puisque nous ne connaissons pas avec certitude le seuil de consommation sécuritaire pour une femme enceinte, le choix le plus sûr consiste donc à s'abstenir de boire complètement pendant la grossesse, et c'est d'ailleurs ce que recommande la Société canadienne de pédiatrie. S'il doit y avoir consommation, cela ne doit se faire que de façon très occasionnelle, et surtout très modeste.

  
L'alcoolisation fœtale, encore mal connue au Québec, est pourtant la cause de retards de développement avant et après la naissance: les enfants ont fréquemment besoin de services adaptés en orthophonie, physiothérapie et ergothérapie. Le syndrome d’alcoolisation fœtale est la première cause chimique de retard intellectuel. Les enfants atteints de S.A.F. ont souvent des troubles d'apprentissage et des difficultés d'attention rendant leur scolarisation difficile. Plusieurs deviennent des décrocheurs

   Une recherche menée par leDr Juliane Conry a établi que dans un centre pour jeunes contrevenants à Burnaby en Colombie-Britannique, 24% des jeunes avaient été exposés à l'alcool avant leur naissance et présentaient des séquelles d'alcoolisation fœtale. Selon une étude longitudinale menée par le Dr Ann Streissguth, une portion importante de jeunes victimes de S.A.F. commettent des délits, incluant des agressions sexuelles, consomment alcool ou drogue de façon abusive, et deviennent itinérants. La majorité des sujets de l'étude ont présenté au moins une fois dans leur vie un ou des problèmes de santé mentale incluant les idées et tentatives suicidaires. Beaucoup sont des proies faciles et sont victimes d'abus. D'autre part, un certain nombre de bébés victimes du S.A.F. sont aussi porteurs du VIH ou d'hépatites. »

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