Association Laure Charpentier
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"FIER D'ETRE UN POT FÊLE"
Traduit de l’anglais par Dorothée FAURE




  

    

    En Inde , un porteur d’eau possédait deux grands pots , suspendus aux extrémités de la perche qu’il portait en travers des épaules . L’un d’eux, fêlé, n’arrivait qu’à moitié plein au terme de la longue marche entre la rivière et la maison du maître , alors que l’autre, intact , était toujours aussi rempli . Cela continua ainsi pendant deux années entières , le porteur ne livrant chaque jour qu’un pot et demi d’eau à la maison de son maître .

Le pot sans défaut était bien sûr fier d’accomplir parfaitement ce pour quoi il avait été fait , alors que le pauvre pot fêlé était honteux de son imperfection et malheureux d’accomplir seulement la moitié de sa tâche .

Au terme de ces deux années qu’il avait perçues comme un échec amer ,un jour, près de la rivière , il dit au porteur d’eau:

« - J’ai honte de moi-même , et je voudrais te présenter mes excuses .

- Pourquoi ? Demanda le porteur . De quoi as tu honte ?

- Je me sens coupable , dit le pot , de ne livrer depuis deux ans que la moitié de ma charge . Cela à cause de cette fissure à mon côté par où l’eau s’écoule tout au long du chemin de retour vers la maison de ton maître . Du fait de mon défaut, tu as accompli tout ce travail sans obtenir la juste récompense de tes efforts .

Peiné pour le vieux pot fêlé, le porteur d’eau lui répondit :

- En repartant vers la maison du maître , tu observeras les belles fleurs le long du sentier .

Et en effet , comme ils montaient la colline , le vieux pot fêlé remarqua que le soleil réchauffait de belles fleurs sauvages au bord du sentier , et cela le réconforta un peu . Cependant , en fin de parcours , il se sentit mal de nouveau, car il avait perdu la moitié de son chargement , et à nouveau, il demanda au porteur d’excuser sa fêlure .

Le porteur dit au pot :

-As tu remarqué qu’il y avait des fleurs seulement de ton côté du chemin et non du côté de l’autre pot ? C’est parce que j’ai toujours connu ton défaut et que j’en ai tiré parti .J’ai planté des graines de fleurs sur ton côté de chemin, et chaque jour, à notre retour de la rivière, tu les arroses . Depuis deux ans, je peux cueillir ces fleurs pour décorer la table de mon maître . Si tu n’avais pas été ce que tu es , il n’aurait pas cette beauté pour embellir sa maison . »

*** Lu à haute voix par Corinne ( très émue ) le 25 septembre 2000 , après avoir reçu son pin’s bleu ( un an d’abstinence )    

A en juger par le succès de ce poème, on peut en déduire que nous sommes tous , quelque part ... des « pots fêlés »!

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